Sàrl, SA ou raison individuelle : quelle forme juridique choisir ?

La question arrive toujours au même moment : juste avant de se lancer, quand on a le projet mais pas encore les chiffres. La bonne réponse dépend de quatre choses : le risque de votre activité, l'argent que vous pouvez immobiliser, ce que vous gagnerez, et qui vous accompagnera (associés, investisseurs, banque). Voici de quoi trancher.

Sommaire

  1. 1 Les trois formes en une page
  2. 2 Responsabilité
  3. 3 Capital et coûts
  4. 4  Fiscalité et AVS
  5. 5 Crédibilité et financement
  6. 6 Cinq situations types
  7. 7 Changer de forme plus tard
  8. 8 FAQ

Les trois formes en une page

critère Raison individuelle Sàrl SA
Capital minimum
aucun
20 000 CHF libérés
100 000 CHF dont 50 000 à libérer au min
Responsabilité
illimitée, biens privés compris
limitée au capital
limitée au capital
Nombre de personnes
une
une ou plusieurs
une ou plusieurs
Registre du commerce
obligatoire dès 100 000 CHF de CA
obligatoire
obligatoire
Comptabilité
simplifiée jusqu'à 500 000 CHF de CA
complète
complète
Organe de révision
non
opting-out possible
opting-out possible
Anonymat des propriétaires
non
non (associés publiés)
oui (actionnaires non publiés)
Imposition 
revenu du dirigeant
bénéfice + salaire + dividendes
idem
Coût de création hors capital
200 à 500 CHF
700 à 2000 CHF
800 à 2000 CHF

La responsabilité

Le vrai critère En raison individuelle, vous et l'entreprise ne faites qu'un : une dette impayée, un litige, un accident, et ce sont vos biens privés qui répondent. En Sàrl ou en SA, la société répond seule, sauf faute grave du dirigeant. Si votre activité comporte un risque réel (chantier, conseil engageant, stock, salariés), la question est vite tranchée.

Capital et coûts Les 20 000 francs de la Sàrl ne sont pas perdus

Ils restent dans la société et servent à démarrer. Ce qui coûte vraiment, ce sont les frais fixes récurrents : comptabilité complète, comptes annuels, éventuelle révision. Une raison individuelle avec peu de mouvements coûte quelques centaines de francs par an à tenir ; une Sàrl, plutôt quelques milliers.

Nos tarifs

Fiscalité et AVS En raison individuelle

tout le bénéfice est votre revenu : impôt sur le revenu progressif et cotisations AVS d'indépendant environ 10 % sur l'ensemble. En Sàrl ou SA, la société paie l'impôt sur le bénéfice (taux effectif 12 à 17 % selon le canton, et vous choisissez entre salaire (cotisations sociales, prévoyance) et dividendes (imposition partielle, pas d'AVS). Au-delà d'un certain bénéfice (un seuil de 100 000 francs), la société devient fiscalement intéressante ; en dessous, la simplicité de l'indépendant l'emporte souvent. Le calcul se fait avec vos chiffres, pas avec une règle générale.

Crédibilité et financement Une Sàrl rassure clients et fournisseurs

Une SA rassure banques et investisseurs, et permet d'ouvrir le capital sans publier le nom des actionnaires. Si vous prévoyez une levée de fonds ou des associés financiers, la SA évite une transformation coûteuse plus tard.

Cinq situations types

Freelance seul, faible risque, revenus modérés

Raison individuelle

Artisan avec salariés et matériel

Sàrl 

Deux associés qui lancent un service

Sàrl avec pacte d'associés

Startup qui vise des investisseurs

SA 

Indépendant dont le bénéfice dépasse durablement 150 000 francs

Passage en Sàrl à étudier

Changer de forme plus tard 
C'est possible

Transformation de raison individuelle en Sàrl (avec reprise des actifs), de Sàrl en SA. Mais chaque transformation a un coût (notaire, registre, éventuellement fiscal) et un délai. Mieux vaut choisir juste au départ, ou prévoir la transformation dans le plan.

FAQ

Oui.

Légèrement : mêmes obligations comptables, formalisme un peu plus lourd (conseil d'administration, assemblée).

 C'est souvent la raison du passage ; nous calculons si le coût en vaut la peine.

Mis à jour le 07/10/26